Inspiration

Clémentine Larroumet

Rien n’échappe à son coup de crayon : les objets qui l’entouraient durant le confinement mais aussi les intérieurs des hôtels et boutique qui seront demain en vogue ou bien encore les identités qu’elle imagine pour des marques diverses et variées.
La co-fondatrice du studio be-pole semble ne jamais s’arrêter : quatre enfants, quarante carnets de voyage édités sous la collection « Portraits de Villes », un petit chalet à retaper... Arrêt sur image le temps d’un instant pour Smallable avec cette parisienne aux mille et unes idées.

© Benoît Linero

COMMENT AVEZ-VOUS APPRÉHENDÉ LE CONFINEMENT ET SA LEVÉE ?

« J’ai été confinée entre mon appartement parisien et une maison de famille à la campagne. J’ai donc vécu des moments très différents. J’ai aimé me retrouver avec mes enfants dans notre appartement dans lequel je me suis vraiment sentie bien. La quiétude de ce lieu et de cette ville avaient quelque chose d’extraordinaire. Puis, j’ai eu la chance de vivre l’arrivée d’un printemps magnifique à la campagne, on en profite jamais assez d’habitude, c’était assez merveilleux de voir cette nature si belle. »

© Clémentine Larroumet

 

« Comme tout le monde j’ai eu des moments plus difficiles liés à la complexité de la situation, de l’organisation d’un quotidien dense et de la charge de travail de chacun. J’ai quatre enfants et il a fallu passer beaucoup de temps avec certains pour ne pas perdre le fil. Mon mari, lui, continuait de travailler. Ce fut donc assez intense.

J’étais contente de la levée de ce confinement, il fallait que la vie reprenne son cours, j’ai décidé de rentrer seule à Paris dès le 11 mai pour reprendre le travail dans de meilleures conditions et pour me décharger de l’intendance des mois précédents. J’avais besoin de souffler quelques jours, seule. »

QUELLE ENVIE SE CACHE DERRIÈRE VOTRE SÉRIE DE DESSINS SUR LES OBJETS QUI VOUS ENTOURENT ?

« Je voulais profiter de ce temps que cette crise nous offrait pour dessiner. Il fallait trouver l’inspiration, j’ai toujours eu un rapport particulier avec les objets. Et voilà que j’étais enfermée avec eux. Ils ne sont pas là par hasard, ils me rappellent tous quelque chose : un moment passé, une personne que j’aime ou que j’ai aimé, une année, un événement. Ils sont un peu ma mémoire, mes souvenirs. »

© Clémentine Larroumet

D’OÙ VOUS VIENT CETTE PASSION POUR LE DESSIN ?

« Je me suis mise au dessin grâce à ma grand-mère il y a 12 ans lorsque j’attendais mon deuxième enfant. Ma grand-mère peignait depuis son adolescence et pratiquait l’aquarelle. Elle aimait la nature et les paysages. Mon métier m’avait depuis longtemps donnée envie de m’y mettre. Alors j’ai profité des derniers mois de ma grossesse pour assister au cours que ma grand-mère donnait à des gens de son quartier. Elle m’a beaucoup encouragée à poursuivre le dessin. Je suis heureuse que cette passion m’ait été transmise par elle. »

© Clémentine Larroumet

QUELS SONT LES DERNIERS PROJETS DE VOTRE AGENCE BE-POLES ?

« Nous travaillons sur des projets d’architecture passionnants comme celui de l’Imprimerie du Marais qui déménage dans un bâtiment industriel incroyable dans le 11e arrondissement de Paris et nous réaménageons entièrement les 1500 m2 tout en dessinant l’ensemble du mobilier. Nous avons accompagné également, en imaginant intérieur et identité du lieu, Alice et Jérôme Tourbier dans leur nouveau projet : les Sources de Cheverny qui ouvrira fin en juillet. Après les Sources de Caudalie ils étendent leur offre d’œnotourisme en Loir-et-Cher. »

© Antoine Ricardou

QUEL “PORTRAITS DE VILLES” VOUS TIENT PARTICULIÈREMENT À CŒUR, POURQUOI ?

« Difficile de choisir car j’aime tellement l’histoire qui se cache derrière chaque Portraits de Villes et la relation si généreuse et fidèle que l’on a pu avoir avec les artistes. Mais je dois avouer que j’aime tout particulièrement celui sur Naples car ma soeur Vanessa Atlan est derrière, elle fait partie des quatre premiers photographes à nous avoir suivis dans cette aventure. Ses photographies m’’émeuvent toujours autant et j’aime cette poésie qui se dégage de son travail et de cette ville. Un vrai coup de cœur aussi pour le Portraits de Villes sur Tbilisi de Vincent Lappartient. L’artiste et une institution géorgienne m’avaient invitée à venir à Tbilisi pour le lancement du livre et je garde ce souvenir incroyable de la découverte d’une ville après l’avoir tant regardée et observée pour le livre. »
 

Portraits de Villes © Benoît Linero

Portraits de Villes

UNE GAMME DE COULEUR QUI VOUS SUIT DEPUIS TOUJOURS ?

« Je ne suis pas forcément fidèle à une couleur. Mes envies changent avec le temps, les saisons, l’âge.
Je trouve la monochromie assez ennuyeuse en tous cas dans un lieu. J’aime autant les couleurs pastels que les couleurs foncées. Ce qui est beau c’est le contraste et l’association de couleurs entre elles. La complémentarité que l’on peut en faire. Nous collectionnons depuis quelques années au studio les cartes de références couleurs que nous proposons à nos clients. C’est le moment que l’on préfère, chercher les associations de couleurs dans le nuancier Pantone. Il y a des livres magnifiques sur la couleur. Du plus technique Natural Système of colours de Moses Harris qui date de la fin du XVIIIe siècle au plus sensible Color Moves : Art and Fashion de Sonia Delaunay.
À regarder inlassablement. »

© Be-pôles

COMMENT AVEZ-VOUS PENSÉ VOTRE APPARTEMENT ?

« Je vis à Paris dans le 9ème arrondissement, un immeuble de la fin du XIXe siècle dans l’atelier d’un architecte où il a vécu jusqu’à la fin de sa vie. C’est un appartement très agréable car très lumineux avec une grande hauteur sous plafond, les volumes sont beaux. »

© Clémentine Larroumet

© Clémentine Larroumet

© Benoît Linero

« C’est assez éclectique chez moi, j’aime le mélange des styles. J’ai quelques meubles vintage que je pique à ma mère qui chine beaucoup pour sa maison d’hôtes « La Singulière », j’ai aussi des objets oubliés qui trainaient dans les maisons de famille que je me suis réappropriée. L’essentiel de mes meubles est chiné mais je rêve de quelques grandes pièces signées. J’ai quelques lampes de designer, de la jolie vaisselle de chez Astier de Villatte, des pièces d’India Madhavi. J’ai beaucoup de petits objets auxquels je suis très attachée. Je collectionne depuis pas mal d’années des œuvres d’artistes, photographes, peintres ou illustrateurs que je mélange avec mes dessins et photographies personnelles et qui habillent les murs des différentes pièces de la maison. Je les regarde tout le temps. »

VOS COUPS DE CŒUR DESIGN CHEZ SMALLABLE ?

« Je suis une inconditionnelle de la marque Hay. Coup de cœur pour la suspension « Bonbon » en collaboration avec Ana Kras. »

Suspension « Bonbon » Hay - disponible sur Smallable

VOS ENVIES MODE CHEZ SMALLABLE ?

« J’en ai des tonnes, entre mes filles de 16 ans, mon fils de 12 ou celui de 4 ans généralement j’ai envie de tout acheter. Je suis particulièrement fan des marques comme Finger in the nose, Hundred Pieces, Bellerose et surtout Bobo Choses avec qui nous allons lancer au printemps prochain une collaboration avec une petite collection autour de la sortie du Portraits de Villes Kids sur Barcelone. La crise actuelle nous a fait décaler la sortie de ce projet qui était prévue avant la fin de l’année. »

UNE ADRESSE PARISIENNE FÉTICHE POUR FLÂNER LE WEEK END ?

« Le 9ème arrondissement, autour de la rue Henri Monnier, regorge de jolies boutiques, quelques brocantes et on s’arrête évidemment chez Debeaulieu pour la magie de ses bouquets de fleurs. »


VOTRE PROGRAMME POUR UN DIMANCHE PARFAIT ?

« Farniente puis un grand déjeuner de famille ou d’amis qui s’éternise et une balade à vélo dans Paris en fin d’après-midi. »

VOS ESCAPADES ESTIVALES ET DESTINATIONS DE VACANCES RÊVÉES ?

« L’été je rêve de Méditerranée, souvent en Corse avec un faible pour le Cap Corse où nous avons une maison de famille. J’aime particulièrement Cadaqués où nous avons passé de nombreux été, parfois on s’arrête en Italie autour des grands lacs qui recèlent d’endroits magiques et poétiques. On boucle notre été à la montagne dans un petit chalet des Alpes que nous avons retapé il y a deux ans où nous nous retrouvons en famille. »

Schia, Italie - © Clémentine Larroumet

VOTRE HÔTEL PRÉFÉRÉ POUR VOUS ÉCHAPPER ?

« Les Roches Rouges à Saint-Raphaël, face à la mer. Rien de mieux. »

Hôtel Les Roches Rouges © Benoît Linero

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